

Louise Bossé
Infirmière
Infirmière pionnière des services en français à l’hôpital du comté de Prince
Louise Bossé est l’incarnation de toutes les qualités qu’on attribue généralement à l’infirmière modèle : patiente, soignante, calme, attentive et surtout, très compétente.
Native d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, Louise Bossé a été une des premières infirmières bilingues embauchées dans la foulée de l’adoption de la toute première politique sur les services en français, sous le règne du premier ministre Joe Ghiz.
« J’ai fini mes études au campus d’Edmundston de l’Université de Moncton le 8 décembre 1990 et le 12 décembre, j’avais un travail à l’Île. J’ai commencé en février 1991. Je faisais partie des trois premières infirmières bilingues embauchées à l’Hôpital du Comté de Prince », raconte l’infirmière.
L’intégration d’une équipe d’infirmières bilingues à l’hôpital a demandé des ajustements. Il a fallu quelques années avant que finalement, on opte pour la formule de l’équipe volante. Les infirmières bilingues pouvaient alors « voler » d’un service à l’autre, là où la demande se manifestait.
« Dans tous les départements où j’ai travaillé, j’ai essayé d’améliorer le service en français. Je demandais toujours qu’il y ait des dépliants et des informations en français, toujours dans le souci d’améliorer le service. C’était important pour moi. »
C’est une ancienne collègue, Mélanie Gallant, qui a voulu faire reconnaître Louise Bossé comme une étoile des services de santé en français. « J’ai travaillé avec Louise, et j’ai vu comment elle était avec les patients. Et dans une période difficile pour ma famille, Louise a été d’un grand soutien. Louise est une perle et elle a beaucoup contribué au partage de la langue française dans son domaine d'infirmière, et elle l'a fait avec une grande fierté! », a indiqué Mélanie Gallant.
Louise Bossé est dotée d’une mémoire phénoménale qui lui permet de se souvenir de détails aussi précis que le numéro de la chambre où telle famille se réunissait autour d’un malade ou, le cas échéant, d’un mourant. « C’est certain qu’on voit les gens à des moments de leur vie où ils sont vulnérables. Pour des clients francophones, le fait de pouvoir s’exprimer en français, et savoir qu’ils seront compris est un soulagement en soi. »
Depuis l’ouverture du nouvel hôpital, il y a maintenant 10 ans, Louise Bossé est affectée à l’urgence. Après 25 ans à l’Hôpital du Comté de Prince, Louise Bossé profite d’une « semi-retraite ». « Je suis maintenant en appel, et la différence c’est que je choisis les journées que je veux travailler. C’est très agréable et ça me permet de passer du temps avec mes enfants et mes petits enfants. », dit Louise Bossé.
Pendant toute sa carrière, la capacité pour Louise de parler en français aux patients, et à leur famille a fait toute la différence, en dépit du drame qui était vécu. Elle garde précieusement l’histoire de ce couple unilingue francophone en visite à l’Île, amené à l’hôpital par l’accident tragique dont leur jeune fils venait d’être victime. « Pendant cinq heures, je suis restée avec ces parents pour les soutenir et les informer de tout ce qui était fait pour sauver leur fils. J’ai servi d’interprète et aussi, de confidente dans ces heures tragiques. Je ne les oublierai jamais », conclu l’infirmière.
